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samedi, 13 janvier 2018 06:00

Plus de 770 arrestations depuis le déclenchement des troubles : La Tunisie à l’épreuve de la révolte contre l’austérité

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Près de 780 personnes ont été arrêtées en Tunisie depuis le déclenchement, lundi, des troubles sociaux suscités par des mesures d’austérité prônées par le gouvernement. Le ministère de l’Intérieur tente de calmer la situation. Et le mouvement «Fech Nestannew» (Qu’est-ce qu’on attend), qui a lancé la contestation contre la hausse des prix, a appelé à poursuivre la mobilisation.

Dans la ville de Siliana, dans le nord-ouest, des dizaines de jeunes ont jeté des pierres sur des agents des forces de sécurité qui ont riposté par des tirs de gaz lacrymogènes. La situation est en revanche restée calme à Kasserine, Thala et à Sidi Bouzid, dans le centre défavorisé du pays, ainsi qu’à Tebourba, ville à 30 km à l’ouest de la capitale, marquée par de nombreuses manifestations et heurts ces derniers jours. La banlieue de Tunis est aussi restée calme dans la nuit de jeudi à vendredi. Les troubles alimentés par une grogne sociale persistante ont éclaté lundi, à l’approche du septième anniversaire de la chute de Zine el Abidine Ben Ali le 14 janvier 2011, chassé du pouvoir par la révolution. Le mois de janvier est traditionnellement marqué par la mobilisation sociale en Tunisie depuis la révolution de 2011. Le contexte est particulièrement tendu cette année à l’approche des premières élections municipales de l’après-révolution prévues en mai. Un scrutin plusieurs fois reportées. Les autorités tentent d calmer la situation qui menaçait de dégénérer. Les manifestations contre l’austérité que connaît actuellement la Tunisie ne sont pas dues aux dernières mesures inscrites dans la loi de finances (LF) de l’année 2018, a estimé Samir Taieb ministre de l’Agriculture des Ressources Hydrauliques et de la Pêche. Taieb a précisé que le gouvernement n’a pas recouru à «des solutions faciles et mesures populaires», lors de l’élaboration de la loi des finances pour l’exercice 2018. «Certes, les difficultés sont là mais c’est un passage obligé pour pouvoir réussir le plan de développement du pays», a-t-il souligné.


Cumul de pressions
Lobna Jeribi, présidente de l’association Solidar Tunisie, citée par l’AFP, a appelé le gouvernement à «faire renaître le sentiment d’appartenance et l’espoir parmi les jeunes qui devraient être fiers des acquis du pays et à communiquer avec la population». Jeribi a critiqué le manque de vision et l’instabilité fiscale dans la loi des finances de 2018, qui ont créé un manque de confiance chez le citoyen ainsi que l’acteur économique accablé par les charges fiscales. Selon Jeribi, le moment est grave et il est impératif d’instaurer des solutions urgentes de court terme, «en libérant les énergies des jeunes, en ouvrant les portes à l’entreprenariat, en éliminant la bureaucratie et en débloquant les projets en attente». Slim Saâdallah, président de l’Organisation de défense du consommateur estime que la crise actuelle reflète un cumul de pressions exercées sur le citoyen pendant sept ans. «Le Tunisien souffre d’une hausse excessive des prix, expliquée principalement par une fuite au niveau des circuits de distribution, d’autant plus que seulement 40% des marchandises sont écoulées au marché de gros et le reste est distribué anarchiquement». Et de souligner : «Aujourd’hui on ne veut pas un autre gouvernement mais des réformes en faveur du citoyen», appelant à appliquer la loi à l’encontre des contrevenants et à s’adresser au peuple pour absorber sa colère, en lui fournissant les informations nécessaires. La Tunisie a entamé depuis 2011 et la chute de Ben Ali un processus de réforme politique et démocratique toujours en cours.
La situation reste toutefois marquée par une fragilité chronique notamment à cause de difficultés économiques accentués par l’instabilité des institutions. Le tourisme l’un des secteurs principaux de l’économie tunisienne a été fortement touché depuis notamment les attentats terroristes à Tunis et à Sousse.
A. B.

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