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jeudi, 12 octobre 2017 06:00

Non-respect du repos biologique et braconnage : SOS, ressources halieutiques en danger !

Écrit par MAHMOUD CHAAL
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Le président du Comité national des marins pêcheurs (CNMP), Hocine Bellout, lance un appel pour mettre un terme à la pratique de la pêche sans respect de la période de repos biologique des animaux marins, particulièrement, la sardine et les fruits de mer.

Lors d’une conférence de presse, animée hier, M. Bellout a indiqué que cette pratique met en danger d’extinction onze espèces marines présentes sur la côte algérienne et en mer Méditerranée. Le président du comité, affilié à l’Union générale des commerçants et artisans algériens (UGCAA), a également tiré la sonnette d’alarme sur « le braconnage » de la sardine juvénile, c’est-à-dire celle interdite à la pêche pour sa taille au-dessous du seuil autorisé, soit 11 cm. « Durant la période du repos biologique, qui commence en mai et se termine en septembre, on a continué à pêcher la sardine qui mesure à peine 4 centimètres, alors que la loi l’interdit si la taille de ce poisson n’atteint pas au moins 11 centimètres », s’est-il révolté contre ces pêcheurs qui nagent à contre-courant de la loi. Ces derniers « bénéficient de la complicité des responsables censés appliquer la réglementation », a-t-il estimé. La sardine de petite taille « naît et vit près des côtes, entre mai et septembre », a expliqué M. Bellout. Avant de faire remarquer que « les pêcheurs pêchent cette ressource en dépit de l’interdiction durant cette période dans les zones de moins de 3 000 m de la côte ». Les espaces proches de la côte « sont raclés par les chalutiers et les bateaux qui pêchent des tonnes et des tonnes vendues sur le marché à 100, 150 et 200 DA », poursuit-il. Non sans s’interroger sur la possibilité qu’ont les pêcheurs de recourir à cette pratique sans être inquiétés par les autorités. « Comment des bateaux, qui sont contrôlés à la sortie et à la rentrée du port, peuvent-ils introduire, via les quais, de grosses quantités de sardines d’à peine 4 cm », s’interroge encore dans ce sens M. Bellout. Et d’enchaîner : « Comment les services vétérinaires implantés dans les ports peuvent-ils être complaisants avec les gens qui violent la loi ? Pourquoi les gardes-côtes qui contrôlent et fouillent les bateaux n’arrêtent pas les contrevenants ? Pourquoi, les services du ministère de la Pêche n’interviennent pas pour arrêter ce massacre biologique ? » La situation risque d’empirer et de « faire disparaître le poisson », prévient le même responsable, ajoutant que cela se traduira aussi par la perte d’emploi pour les 60 000 personnes qui vivent des métiers de la pêche ». « Si on ne fait rien pour appliquer la loi, la mer, d’ici 15 à 20 ans, sera vidée de substance et l’ensemble des espèces disparaîtront », met encore en garde M. Bellout qui, à l’occasion, s’est dit avoir été victime d’une agression à Oran, suite à ses interventions pour dénoncer des agissements qui « menacent les espèces marines ». Sur un autre registre, le président du CNMP est revenu sur le recul auquel fait face la production halieutique en Algérie depuis plusieurs années.
« Dans les années 1970, l’Algérie pêchait une moyenne de 320 000 tonnes de poissons par an, contre à peine 72 000 tonnes aujourd’hui », a-t-il comparé. « Pour compenser le manque, on importe 250 000 tonnes de poissons congelés et 400 000 tonnes de poissons achetés auprès des pêcheurs dans la Méditerranée », dira-t-il. Selon M. Bellout, les chiffres communiqués au ministre de la Pêche et des Ressources halieutiques ne sont pas exacts. « Il faut qu’on arrête de donner de faux chiffres aux ministres », insistera-t-il.

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